Views
1 year ago

Miles #22 Spécial Zoute Grand Prix

  • Text
  • Toute
  • Interdite
  • Produpress
  • Copie
  • Strictement
  • Consentement
  • Zoute
  • Voitures
  • Faire
  • Prix
Miles #22 Spécial Zoute Grand Prix

Sports - Jacky Ickx -

Sports - Jacky Ickx - nous parle des rallyes de régularité UNE BELLE BALADE… Jacky Ickx, pilote talentueux au grand cœur, apprécie les événements dédiés à l’automobile classique. Mais il les vit sans esprit de compétition et y capte surtout des atmosphères. Rencontre. Par Olivier Maloteaux 54 Miles #22 Toute copie non autorisée est strictement interdite sans le consentement écrit préalable de Produpress SA/NV.

Avant le départ du Zoute Grand Prix, nous avons rencontré Jacky Ickx. Il revenait tout droit du concours d’Elégance de Pebble Beach, en Californie. Il nous a reçu en toute décontraction sur la terrasse d’un restaurant bruxellois, pour évoquer quelques souvenirs du passé et partager avec nous son expérience des rallyes de régularité. Les Mille Miglia, Pebble Beach, etc. Vous appréciez les beaux événements dédiés à l’automobile classique. Pourquoi ? Car c’est joli, amical et convivial. Les participants sont des passionnés qui laissent au public l’occasion de voir et presque de toucher les voitures. Ce sont des événements où l’on trouve des atmosphères. Par ailleurs, ces événements se déroulent toujours dans des endroits magnifiques, que ce soit à Pebble Beach ou à Knokke. Justement, quel est votre avis sur le Zoute Grand Prix ? Je n’y ai encore jamais participé, mais mon ami Derek Bell, qui y va régulièrement pour Bentley, me dit que c’est formidable. Je veux bien le croire car j’ai été beaucoup au Zoute dans mon enfance et la station est très agréable, de même que les routes aux alentours. Sur ces routes est d’ailleurs organisé un rallye de régularité. Quels conseils donneriez-vous à un équipage qui prend part à cet exercice ? La régularité, c’est tout sauf une épreuve de vitesse... Pour réussir, il faut un matériel de mesure précis et un copilote très pointu capable de manier les chronos avec talent pour respecter la moyenne horaire imposée. Vous avez déjà joué le rôle de copilote ? Je participe un an sur deux aux Mille Miglia, en Italie, avec mes amis de la maison Chopard. Et là, je n’ai jamais conduit, j’ai toujours été copilote. Mais j’avoue que je me préoccupe peu des chronos : je profite des paysages italiens… A Knokke-le-Zoute, je suis certain que ce doit être magnifique aussi. Le pilote, a-t-il besoin d’une préparation particulière ? Non, mais c’est mieux qu’il prenne part au calcul de la moyenne. Et c’est alors une belle gymnastique intellectuelle. La navigation est également importante. Quant à la préparation physique, mis à part un apéritif la veille et un bon repas pour être détendu, il n’y a pas grand-chose à faire… En parlant de préparation physique : en compétition, estce que les choses ont fort changé entre votre époque et aujourd’hui ? Absolument ! Nous étions des amateurs en la matière... On ne faisait pas de gym ni de régimes spéciaux. On pouvait même boire un petit verre de Lambrusco chez Ferrari le midi… Et la préparation mentale, était-ce important à l’époque ? Aujourd’hui, j’entends qu’il y a des coachs pour apprendre aux pilotes à se concentrer. A mon époque, ça n’existait pas, mais je n’ai pas la sensation d’avoir manqué de concentration, même en course d’endurance. En fait, vous ne connaissiez pas la peur… Non. Nous avons tous accepté de rouler à 300 km/h sur le grand Francorchamps entre des bottes de paille. Personne ne trouvait ça fou. C’était normal, d’autant que la conception du risque et l’instinct de conservation touchent moins la jeunesse que les gens d’âge mûr... Mais aujourd’hui, on veut faire de la compétition automobile sans risque. On a amélioré beaucoup de choses en matière de sécurité sur les circuits, mais le jour où l’on atteindra le risque zéro, la course sera finie car il n’y aura plus de spectateurs. Or, ce sont eux les arbitres du succès d’un sport. Vous portiez quand même déjà un casque à l’époque. Avez-vous gardé tous vos casques ? Aujourd’hui, un pilote professionnel dispose d’environ 24 casques par an. A l’époque, on avait deux casques sur la saison. Un de réserve et celui que l’on portait toute la saison. Plus il était mangé par les projections de pierre et autres, plus ça faisait sérieux. Il me reste quelques casques à la maison, certains sont presque détruits, mais jamais il ne me serait venu à l’idée d’en changer. Ni de changer leur couleur. Justement, d’où vient le choix de la décoration de vos casques ? A l’époque, la plupart des pilotes avaient leur propre couleur de casque. Mes premiers casques étaient peints en bleu métallisé électrique, avec une bande blanche autour du casque et de la visière. J’avais un ami, Eric De Keyn, de la famille des peintures du même nom, qui a peint mes premiers casques. Puis, une marque américaine m’a envoyé par erreur un casque peint en bleu foncé et c’est resté... Vous n’avez donc pas choisi personnellement la couleur de vos derniers casques… Non, mais c’est pareil pour bien d’autres choses. Dans la vie, on dépend beaucoup des gens et des événements. Personnellement, j’ai eu la chance d’avoir sur ma route des gens qui m’ont permis de faire plein de choses positives. L’une d’entre elles était certainement de pouvoir participer au Paris-Dakar. Car, au-delà de son côté sportif, cette épreuve m’a donné envie de découvrir l’Afrique et ses habitants, d’élargir mon horizon. Et, humainement, cela a réellement changé ma vie… 55 Miles #22 Toute copie non autorisée est strictement interdite sans le consentement écrit préalable de Produpress SA/NV.