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Miles #22 Spécial Zoute Grand Prix

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Miles #22 Spécial Zoute Grand Prix

1. Art Gallery Zeedijk

1. Art Gallery Zeedijk 644 art-gallery.be 2. Gallery ELV Zeedijk 648 galleryelv.com 3. Guy Pieters Gallery Zeedijk 753 guypietersgallery.com Il s’est offert une salle d’exposition taillée à la mesure de sa vision, de ses obsessions et de ses bobos : sur 25.000 m 2 à l’intérieur de l’ancien bâtiment Solvay à Ixelles, l’artiste Denis Meyers a opéré la transposition poignante de ses carnets de notes et dessins personnels. C’était « Remember / Souvenir », c’était encore le printemps. Quelques jours avant la clôture de ce projet colossal, nous le retrouvons sur la digue, pour une expédition au doigt mouillé dans les galeries, attractions majeures de Knokke avec la place M’as-tu vu, les pantalons fraises écrasées, les glaces, et les ballets de Oldtimers. Autour du combo obligatoire bière/croquettes de crevettes à la terrasse du Rubens, il raconte sa préférence pour les territoires insolites des villes, ses espaces vierges, ses bâtiments, et les marques (Bellerose, Duvel avec qui il a collaboré) qui rentrent désormais dans la catégorie du mobilier urbain. Il a bien été présent à la Galerie Janssens, ou chez Artemptation, mais à chaque fois, il s’en est allé : « Je n’ai rien contre les galeries, mais il y a tellement d’autres approches. Peut-être un jour ça se refera ». « J’ai toujours été un peu gêné de m’y connaître si peu en histoire de l’art. Mon truc c’est de faire. J’ai une relation très complexe à la conceptualisation, la pensée autour de l’art. J’ai peur de copier, aussi, d’être à la merci de mes influences. » En toile de fond, la relation privilégiée avec son grand-père, Lucien De Roeck, graphiste et affichiste célèbre pour son logo de l’Expo 58: « À la Cambre, on m’a dit que mon style rappelait trop celui de mon grand père… c’est à la fois le plus faux et le plus beau compliment qu’on puisse me faire ». A la Art Gallery1, Denis nous fait découvrir les collages, acryliques et sprays sur toile de son camarade Blanbec, avec qui il partage le tropisme autodidacte du street art. Dans cet univers de « Robot » et « Voitures à pédales » qui agrège science fiction, jeux vidéos et souvenirs enfantins, il est comme à la maison. « C’est assez exceptionnel pour Knokke de voir des artistes de street art exposés. Alors qu’il y a 30 ans, Keith Haring peignait le fameux conteneur sur la plage Surfers Paradise, un peu plus loin. C’est à se demander ce qui s’est passé entre les deux ». Devant la Galerie Eric La Veille 2 il fait la moue devant un crâne géant rouge carmin puis s’engouffre à l’intérieur. Il a repéré les planches de skate ou de bois sculptées polychromes de l’artiste français RedApe, ornées d’un Frankenstein en costard ou de tatoo hipsters : « Ce qu’il fait est vraiment costaud » Il passe un long moment devant les mosaïques en touches de clavier d’Olivier Lannaud, qui composent des sculptures antiques : « Travailler sur des matériaux de récup’, ça me parle ». Effectivement, les longues théories ce n’est visiblement pas son truc. Dans la Galerie Guy Pieters3, les œuvres de Pierre Alechinsky ouvrent un pan de ses souvenirs… et la boite à paroles : l’artiste bruxellois né en 1927 à Schaerbeek a été l’élève de son grand-père à la Cambre. « J’aime Alechinsky, car c’est vraiment un jean-foutre. Il a atteint une telle maitrise de son art, 58 Miles #22 Toute copie non autorisée est strictement interdite sans le consentement écrit préalable de Produpress SA/NV.

il a peint tant de kilomètres de toile qu’on peut sentir le détachement, l’assurance dans sa peinture, ses formes personnelles qui ne doivent rien à personne. Il se connaît bien, en fait. J’aimerais bien un jour atteindre ce détachement ». Une glace plus tard – il n’y a aucune raison de résister à l’appel de la tradition - notre route croise celle de Jonathan Jossart, bekeende bruxellois, organisateur de soirées et galeriste estival. Ouverte durant les mois d’été en mode pop up, sa galerie Art Unity, est située en retrait de la Kustlann. Arrivés sur place, les regards sont attirés par les tableaux kinétiques de Paolo Ceribelli, où de petites figurines de soldats, peintes et disposées en formes géométriques, semblent moquer l’organisation d’un monde belliqueux. Dans la même veine enfantine, les Gummy Bears de Stéphane Gautier détournent les codes du consumérisme de luxe. Son approbation est silencieuse. Juste à côté, à la Galerie Jamar, devant la « Pelle de Salon » de Marcel Broodthaers, il retrouve sa verve concise : « Quel tueur, ce Marcel ! ». Alors que la journée se termine, je regarde ce drôle d’oiseau qui sillonne sur son skateboard entre les cuistax, les vélos et les familles avec landaus. Certains le voient désinvolte, hermétique? Il est en fait animé d’une curiosité fulgurante, d’une culture manifeste – quoiqu’il en dise – et d’un regard affûté sur le processus créatif. Y compris quand il balance un uppercut définitif aux strates plus traditionnelles de l’univers des galeries côtières : « là, il y a quand même de la croutasse en veux-tu en voilà ». Pas mieux. Denis Meyers, né en 1979 à Tournai, est typographe formé à l’École Nationale Supérieure des Arts Visuels de la Cambre. Artiste urbain et multiple, il est connu pour ses fresques ou pour ses «perso», ces visages de personnes stylisées et imprimées sur des stickers disséminés à la volée. Il peint sur de nombreux supports : planches de skate, cadres de vélo, verres à bière pour Duvel ou encore live painting lors d’événements phares. Il se fait remarquer par sa collaboration aux sweats et T-shirs pour la collection printemps-été 2016 de la marque belge Bellerose, dont il décore les vitrines. Il est aussi associé à la marque Audi. Dernière réalisation : Remember Souvenir, anciens bâtiments Solvay, Bruxelles, 2016 remember-souvenir.me 59 Miles #22 Toute copie non autorisée est strictement interdite sans le consentement écrit préalable de Produpress SA/NV.