Views
1 year ago

Miles #22 Spécial Zoute Grand Prix

  • Text
  • Toute
  • Interdite
  • Produpress
  • Copie
  • Strictement
  • Consentement
  • Zoute
  • Voitures
  • Faire
  • Prix
Miles #22 Spécial Zoute Grand Prix

1 Vous êtes un jeune

1 Vous êtes un jeune entrepreneur prospère. Mais votre vie ne se limite pas à concevoir et à installer des cuisines, même si vous vous donnez corps et âme à votre travail… et que vous lui consacrez aussi un paquet d’heures ! Si en marge de cette activité professionnelle, vous êtes pris par le virus de l’automobile, un oldtimer peut vous apporter un répit bienfaisant, voire devenir un boulot à plein temps (ou presque). Nous sommes à la fin des années 80. Jan De Reu est un jeune cuisiniste dynamique. Ses affaires marchent plutôt bien, mais il n’oublie pas son rêve d’enfant – les vieilles voitures – et y consacre le peu d’heures qu’il lui reste. Il commence par acquérir une MG B. Rien d’exceptionnel en soi, si ce n’est que c’est l’exemple type du roadster anglais et sans doute un des archétypes dont rêve tout amateur d’ancêtres débutant. Suit alors la ‘période anglaise’, avec quelques classiques comme une Jaguar Type E, une Rolls-Royce et une Aston Martin. En évoluant dans l’univers des vieilles voitures, Jan découvre peu à peu des engins dont il a à peine entendu parler ou dont il ignorait jusqu’à l’existence. Il se dit alors que s’il veut se constituer une collection digne de ce nom et en éviter les pièges, il doit se concentrer sur quelque chose de spécial et en approfondir ses connaissances. The Italian Connection C’est ainsi qu’il acquiert sa première ‘italienne’ : une Ferrari 330 GTC. En même temps, un ami lui offre un livre sur Zagato. Jan commence à s’intéresser aux voitures de ce carrossier milanais, mais il est freiné par son budget. Cinq ans plus tard, il réussit quand même à s’offrir une Osca GT 1600 Zagato de 1961 portant le numéro de châssis 90. Cette même année, il participe pour la première fois au célèbre Concorso d’Eleganza de la Villa d’Este. Il l’emporte dans sa catégorie – et tombe littéralement amoureux d’un modèle exceptionnel et de son moteur : la Fiat 8V. De retour en Belgique, il s’achète l’excellent livre (en deux tomes) ‘Otto Vu’ de Tony Adriaensens. Plus tifoso que jamais, il rencontre un collectionneur belge qui lui permet d’acheter sa première 8V, un exemplaire unique, conçu par Virgil Exner et carrossé par Ghia en 1954 (numéro de châssis 42). C’est avec elle qu’il s’alignera l’année suivante au concours de Villa d’Este, où il terminera deuxième de sa catégorie. “Grâce à l’Osca, j’ai aussi découvert le monde des restaurateurs et des préparateurs. Cela m’a non seulement permis d’apprendre beaucoup, mais j’ai aussi pu compter sur l’aide précieuse des spécialistes néerlandais de Strada & Corsa (au niveau mécanique) et des experts italiens de Quality Cars (de Vigonza, au niveau de l’intérieur et de la carrosserie). Par la suite, je me suis lancé moi-même dans des restaurations soi-disant ‘impossibles’ comme celles de la Balbo et de la Supersonic.” Otto Vu Depuis quelques décennies, Fiat se profile comme un producteur de voitures italiennes compactes et pas trop chères. Mais ça n’a pas toujours été le cas. Le constructeur de Turin a signé quelques modèles prestigieux dont vous vous souvenez peut-être, comme la Fiat 130 dont l’onéreuse version ‘coupé’ était une vraie réussite sur le plan esthétique. 1. Le hangar (situé près de la côte), qui abrite les oldtimers ressemble à un bâtiment industriel, mais il abrite de vrais bijoux, cachés sous voile noir et presque tous prêts à rouler. 2. Le “OttoVu” est une pièce rare: seuls 174 exemplaires équipés de ce moteur Fiat V8 ont été produits. Jan De Reu en possède pas moins de six… 3. Le grand hall abrite de nombreux modèles italiens, mais également des voitures anglaises, comme la Jaguar XK 140 blanche que l’on peut voir en haut à gauche. En bas à droite, le tableau de bord d’une Porsche 356 Speedster. 4. Après restauration, les feux antibrouillard de cette voiture italienne n’étaient plus d’origine, ce qui lui a coûté des points et une victoire lors d’un concours d’élégance. Aujourd’hui, tout est rentré dans l’ordre... 74 Miles #22 Toute copie non autorisée est strictement interdite sans le consentement écrit préalable de Produpress SA/NV.

E ngine 2 3 4 Au début des années 50, Fiat avait pour projet de développer une grosse berline et chargea le célèbre ingénieur automobile Dante Giacosa de lui concevoir un moteur à 8 cylindres. Résultat ? Un moteur V8 aussi puissant qu’inédit, d’une cylindrée de ‘seulement’ 1996 cm³ à deux rangées de cylindres avec ouverture du V à 70° au lieu du classique V ouvert à 90°. La première Fiat équipée de ce moteur a été présentée en 1952. Il s’agissait d’une petite sportive baptisée 8V car Fiat disposait à l’époque du droit exclusif d’utiliser la dénomination V8. Ce moteur développait 105 ch à 5600 tr/min, assez pour permettre à ce poids plume d’atteindre 190 km/h en pointe. Mais Fiat avait d’autres chats à fouetter que le développement et la commercialisation de cette sportive. Ce qui explique pourquoi le constructeur n’en a produit que 114 exemplaires en deux ans. Par la suite, Siata – petit constructeur italien qui avait déjà aidé Fiat à assembler ses modèles – utilisera encore 60 de ces moteurs pour ses propres voitures. Aujourd’hui, Jan De Reu possède pas moins de six 8V dans sa collection : une Spider Bertone, carrossée par Zagato (évidemment!), une Supersonic (carrosserie de Ghia), une Vignale et deux Siata – une 208 S et la fameuse 208 CS Balbo. Quand on sait que seules 174 voitures ont été produites dans le monde avec ce moteur, on comprend mieux la valeur de cette collection aux yeux des vrais connaisseurs. Référence Vue de l’extérieur, la bâtisse près de la côte où Jan De Reu conserve ses trésors ressemble « Le Zoute Grand Prix tient une place à part dans mon coeur, mais je déplore parfois un certain manque de souci du détail. » plutôt à un ancien bâtiment industriel. Mais à l’intérieur, tout est fait pour mettre les voitures en valeur. On y découvre non seulement une fabuleuse collection d’ancêtres, bien rangés sous leur voile noir, presque tous en ordre de marche, mais aussi un bar peu ordinaire qui fait office d’étagère à trophées, de mémorial… mais surtout de lieu de rencontre pour les amis et les passionnés de vieilles voitures. Jan De Reu est aujourd’hui un collectionneur de renom. “J’avais l’argent et le bagage technique pour m’adonner à ma passion.” Connu et respecté dans les concours, il fait aussi office de référence pour tout ce qui a trait aux voitures de sport italiennes de ces incroyables années 50. “Cette passion a fait que j’ai pu réunir une collection unique de voitures représentatives de cette époque. Mais je m’intéresse aussi aux marques Cisitalia et Maserati, ainsi qu’aux ‘barchettas’ produites à la même époque par de petits constructeurs italiens.” Sa collection s’est récemment enrichie d’une Pegaso avec carrosserie Touring et d’une Lancia Aurelia B22 de 1953 (numéro de châssis 1263). “C’est une des rares voitures dont l’origine est absolument garantie. Elle a été construite par l’usine en 1953 pour participer aux courses internationales pour voitures de tourisme. Il faut savoir que les compétitions américaines sont les plus grandes et les plus prestigieuses (en quatre participations, Jan De Reu est monté trois fois sur le podium à Pebble Beach, dont une fois sur la première marche - ndlr), mais j’ai un faible pour la compétition italienne et surtout pour Villa D’Este, où je me suis 75 Miles #22 Toute copie non autorisée est strictement interdite sans le consentement écrit préalable de Produpress SA/NV.