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Miles #27 Old Is The New Young

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Miles #27 Old Is The New Young

CHRISTO BRUXELLES

CHRISTO BRUXELLES S’EMBALLE L’exposition “Christo et Jeanne-Claude - Urban Projects” propose 80 oeuvres originales (maquettes, dessins et collages) et certains projets urbains réalisés ou non par le couple. Le Pont Neuf à Paris entièrement emballé, le Reichstag de Berlin ou encore l’installation titanesque « The Gates » dans les allées de Central Park à New York, ING Art Center Miles a rencontré Christo à Bruxelles. Boris Rodesch © Jean-Jacques De Neyer 56 Toute copie non autorisée est strictement interdite sans le consentement écrit préalable de Produpress SA/NV.

LIFE 1 1. The Gates (les portes), Projet pour Central Park, New York City Dessin en deux parties 2000 Crayon, fusain, pastel, photo par Wolfgang Volz, pastel et plan 38 x 244 cm et 106,6 x 244 cm. Collection privée Photo : André Grossmann © Christo 2000 2. Emballage du Reichstag, Projet pour Berlin Dessin en deux parties 1995 Crayon, pastel, fusain échantillon de tissu et dessin architectural 38 x 244 et 106,6 x 244 cm Collection de l’artiste Photo : André Grossmann © Christo 1995 3. Emballage d’Arbres, Projet pour L’avenue des Champs Elysées, Paris Collage 1969 56 x 71 cm Lilja Art Fund Foundation Photo : Eeva-Inkeri © Christo 1969 2 3 La Belgique, ça vous évoque quoi ? Je connais très bien la Belgique. Je venais souvent à Bruxelles et à Anvers. J’ai exposé à la Wide White Space Gallery à Anvers en 1978. Je suis aussi resté en contact avec des amis proches et des collectionneurs. Vos premiers cachets comme artiste ? J’avais 21 ans lorsque j’ai quitté la Bulgarie en 1956 pour rejoindre l’Europe de l’ouest et m’installer à Vienne. J’avais étudié aux Beaux-Arts de Sofia et j’étais doué pour les portraits. J’ai naturellement débuté ma vie d’artiste en peignant des portraits pour les familles riches à Vienne et à Paris. Je signais sous mon nom de Famille Javacheff. Gamin, rêviez-vous déjà de devenir artiste ? J’ai la chance d’avoir grandi dans un univers artistique. Ma famille fréquentait des artistes, des acteurs, le milieu du théâtre ou encore des écrivains. Mes parents ont vite compris que j’aimais le dessin. Ils m’ont inscrit à 7 ans dans une école d’art où je prenais des leçons de peinture, de dessin et d’architecture. J’aimais regarder les belles choses, cela me procurait une joie immense. J’étais un enfant passionné ivre de l’art. Avec une telle éducation, devenir artiste n’avait rien d’extraordinaire. Si vous deviez définir votre art ? Je ne sais pas définir mon art. Jeanne-Claude disait: l’art ce n’est pas comme les bouteilles de vin, il est impossible d’y mettre une étiquette. Disons que c’est un art environnemental qui s’installe dans un espace public, en campagne ou dans des lieux plus urbains. Votre avis sur le Street Art et ses artistes qui investissent nos villes ? Nous faisons cela depuis très longtemps. Etes-vous un pionnier du Street Art ? Non. Notre activité est plus large, mais c’est vrai que nous apprécions les interventions artistiques dans les lieux publics. Avez-vous des regrets ? Dire que j’ai des regrets, ce serait beaucoup trop simpliste. Pour l’emballage du Reichstag à Berlin ou celui du Pont Neuf à Paris, nous avons essuyé de nombreux refus, les routes pour y arriver étaient périlleuses et toujours imprévisibles. Ce n’était jamais des voyages tranquilles. Il y a eu tellement de drames, de problèmes et d’obstacles, vous ne pouvez pas savoir. Un mot sur le côté éphémère de vos œuvres ? Je préfère dire qu’elles sont comme nos vies. Je ne serai plus jamais celui que j’étais à 30 ans. Chacune de mes œuvres est un voyage inoubliable qui m’appartient. À l’instar d’une tranche de vie, les œuvres ne peuvent pas être mises en boîte et elles disparaissent. J’aime donc retourner de temps en temps sur certains lieux pour entretenir mes souvenirs. Pourquoi avez-vous choisi de vivre dans une ville comme New York ? New York, avec son flux continu d’étrangers, est une ville multiculturelle en mutation constante qui me convient parfaitement. Et si je voulais avoir la chance de boire un verre avec Christo à Manhattan ? Je ne suis jamais dans les bars. Je suis trop avare de mon temps. J’aime trop travailler et je ne passe pas assez de temps dans mon studio à Manhattan. Pour chaque projet, je voyage énormément. C’est un très long processus pour obtenir les autorisations. Il faut rencontrer les bonnes personnes, réussir à les convaincre… Boire un verre dans un bar et parler pour ne rien dire, ça ne m’intéresse pas. Pour conclure, avez-vous encore des rêves ? Bien sûr ! Je suis encore assez jeune pour avoir des nouveaux projets, mais j’ai aussi des rêves qui m’animent depuis plus de 40 ans. Toute copie non autorisée est strictement interdite sans le consentement écrit préalable de Produpress SA/NV. 57

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