Miles

Views
6 months ago

Miles #32 ça roule

  • Text
  • Prix
  • Lemond
  • Maillot
  • Chez
  • Consentement
  • Interdite
  • Strictement
  • Copie
  • Produpress
  • Toute
Miles #32 ça roule

DUEL AU SOMMET : LEMOND

DUEL AU SOMMET : LEMOND / FIGNON Un regard illustré sur les plus belles rivalités de l’histoire du sport. Miles se souvient de leurs performances au Tour de France et revient sur l’édition 1989, Boris Rodesch, Illustration A. Kool Au début des années 80, Bernard Hinault, alias Le Blaireau, règne sur le cyclisme mondial, mais deux espoirs s’apprêtent à bousculer la hiérarchie. Greg LeMond est né en Californie en 1961 et Laurent Fignon est né à Paris un an plus tôt. Le premier découvre le vélo pour se muscler alors qu’il se destine à une carrière de ski, le second compte déjà près de 60 victoires chez les jeunes. Si Greg LeMond est le porte-drapeau d’une discipline encore peu connue aux États-Unis, Laurent Fignon est rapidement considéré comme le digne successeur de ses illustres ainés, Jacques Anquetil et Bernard Hinault. UN FAUTEUIL POUR TROIS À l’aube de la saison 1982, Fignon rejoint Hinault et LeMond dans l’équipe Renault. Ses débuts chez les pros sont remarquables. Il gagne sa première course à étapes (le Critérium international) et il est sélectionné pour participer au Giro. 40 Toute copie non autorisée est strictement interdite sans le consentement écrit préalable de Produpress SA/NV.

Pour LeMond, les choses sérieuses débutent en 1983. Il remporte coup sur coup le Critérium du Dauphiné Libéré et le titre de champion du monde sur route. Contrairement au cycliste californien, celui qui a déjà fait ses preuves sur la Vuelta et le Giro participe au Tour de France, où il a la lourde tâche de faire oublier aux Français le forfait d’Hinault. Aussi à l’aise sur route qu’en montagne, Fignon au look qui dénote dans le peloton, intel- leurs qui seront les siennes tout au long de sa carrière. Il réalise l’exploit de s’imposer sur la grande boucle dès sa première participation. En 1984, Hinault est passé chez La Vie claire, dirigée par un certain Bernard Tapie. Pour son premier Tour de France, LeMond assiste impuissant au duel qui oppose les deux coureurs français. Et cès consécutif à Paris. Quand Bernard Tapie engage Greg LeMond en 1985, ses objectifs sont clairs : le cycliste au style parfait doit aider Hinault dans sa quête d’un cinquième Tour de France et aussi faciliter l’entrée du cyclisme dans l’ère du sport business, en favorisant les échanges commerciaux outre-Atlantique. Mais revenons au sport… Suite au forfait de Fignon blessé au tendon d’Achile, Hinault et LeMond sont les favoris sur la grande boucle. Hinault prend vite la tête, mais il est victime d’une fracture du nez lors d’une chute collective. Tout le monde voit alors LeMond s’imposer, mais son équipe est prête à tout pour offrir à son leader un nouveau titre à Paris. Le Californien qui se voyait déjà en jaune sur les Champs-Elysées est même forcé d’attendre Hinault dans les Pyrénées. Quelques jours plus tard, ce dernier peut quième succès sur le Tour de France. Un record qu’il détient encore aujourd’hui avec Merckx, Anquetil et Indurain. Malgré une deuxième position au général et la promesse d’Hinault de l’aider à gagner l‘épreuve l’année suivante, LeMond quitte Paris frustré et revanchard. LES ANNÉES MAUDITES Au départ du Tour 1986, Tapie annonce logiquement que Hinault roulera pour LeMond. Curieusement, Hinault réalise une entame de Tour parfaite. Le Blaireau relègue son leader à cinq minutes après le premier contre-lamontre. L’Américain, furieux, parvient à trouver les ressources nécessaires pour récupérer le maillot jaune dans les Alpes. Malgré leur arrivée merveilleusement mise en scène, main dans la main à l’Alpe d’Huez, le climat dans l’équipe est particulièrement tendu. Parano pour certains, LeMond envisage le complot lorsqu’il préfère prendre son vélo dans sa chambre à la veille du dernier contre-la-montre… Promesse tenue ou non, Hinault, qui mettra un terme à sa carrière en première victoire sur les Champs-Elysées. De son côté, Fignon avait abandonné des suites d’une pharyngite. Avec Hinault parti à la retraite et Fignon qui tarde à retrouver son meilleur niveau, l’avenir s’annonce serein pour le dernier vainqueur du Tour. C’était sans compter sur un terrible accident de chasse en 1987. Un ami l’ayant confondu avec un animal, son abdomen et sa poitrine sont criblés de plombs. À 25 ans, il est ainsi forcé de ranger son vélo pendant deux ans. Les choses ne s’arrangent pas non plus pour Fignon. S’il avait retrouvé le sourire avec une victoire au Milan-San Remo et une septième position à Paris, en 1988, il abandonne le Tour de France épuisé après avoir contracté une maladie parasitaire. UN TOUR D’ANTHOLOGIE En 1989, Fignon espère s’être débarrassé de ses soucis de santé et LeMond revient doucement dans le peloton. Le début de saison du cycliste parisien est impressionnant. Il vient de remporter Milan-San Remo et le Giro quand les deux coureurs se retrouvent sur l’épreuve reine. LeMond démarre fort et s’empare du maillot jaune dès le premier contre-la-montre. La suite est un chassécroisé exaltant entre les deux rivaux. Fignon endosse le maillot jaune dans les Pyrénées avant que LeMond ne le récupère grâce au deuxième contre-la-montre. Dans les Alpes, c’est Fignon qui est en état de grâce. Il relègue le revenant à 50 secondes avant l’ultime étape : un contre-lamontre de 24,5 km entre Versailles et les Champs- Elysées. La troisième victoire du Français à Paris semble acquise, mais, souffrant d’une blessure ouverte à la selle, il s’apprête à vivre un vrai calvaire dans cette dernière étape. LeMond, lui, n’a plus rien à perdre, son vélo muni d’un guidon de triathlète (interdit par le règlement) l’avantage aussi considérablement. Il fait la course parfaite et reprend 58 secondes au leader. Fignon à bout de force s’écroule à l’arrivée. L’impensable s’est produit. Après avoir parcouru plus de 3.500 km, il vient de perdre le Tour de France pour seulement 8 secondes. Le plus petit écart jamais enregistré deuxième titre à Paris. Fignon est le dernier Français à avoir endossé le maillot jaune à Paris, mais il est toujours considéré côté, LeMond, qui signera encore un troisième succès sur la grande boucle et un second titre de champion du monde sur route, reste à ce jour le seul Américain (suite à l’affaire Armstrong...) vainqueur du Tour de France. Toute copie non autorisée est strictement interdite sans le consentement écrit préalable de Produpress SA/NV. 41