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Miles #34 - Mer du Nord On en Veut Encore !
Miles #34 - De Noordzee - Uitgesteld Afscheid!
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6 months ago

Miles #33 - Mission Apollo(n)

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Miles #33 - Mission Apollo(n)

THOMAS LEROOY, LE BEAU

THOMAS LEROOY, LE BEAU PARLEUR (1981 ROULERS) Visite privée organisée dans son atelier à Ixelles, en prévision de « Behind the Curtain », son expo bruxelloise qui a lieu entre les murs du même musée que Wim. ture. Mais depuis 6 ans, la peinture m’intéresse, bien qu’elle m’intimide en même temps. » Thomas, qui a étudié à l’Académie de Gand et fut l’assistant de Jef Geys est, disons-le d’emblée, très sympathique. Natif du signe du gémeaux, il en a toutes les caractéristiques : il est curieux, bavard, insatiable et… aime L’oiseau est le seul être vraiment libre », dit-il. Il nous raconte une histoire des ballons de ses petits voisins que son assistant, excédé par le bruit incessant de la balle sur le cela l’a rendu triste, l’artiste a décidé de leur donner une 2 e vie, en les transformant en nids : des ballons en bronze d’où sortent les oiseaux. Un petit drame auquel il a donné une dimension poétique. Au départ, Thomas est un dessinateur et un sculpteur. Récemment, il est devenu peintre. Peintre de tableaux de format intime, des petits panneaux comme les maîtres etc.: « Avec ce nouveau moyen d’expression, je touche à l’histoire de la peinture. » «là de la peinture. » L’artiste nous montre un tableau traversé par une bande déchirée comme un voile : « tout ce que l’on voit dans ta vie n’est pas réel. » Il veut nous faire rêver. A côté, un autre tableau avec des poires sur lesquelles il a peint deux yeux de femme, qui sont aussi ses formes. Une toile sensuelle et sexuelle. Lerooy aime jouer avec les surfaces, le double : les poires comme des larmes, des seins, des couilles. Un univers proche des surréalistes. Il nous commente en primeur encore une autre toile, où l’on voit quatre jambes qui s’échappent d’une robe comme une sculpture, l’endroit où l’on cache ses problèmes», nous commente-t-il. « Pour ce nouveau projet, j’ai ouvert les rideaux et offert ma peinture. Très , ajoute-t-il. La peinture, c’est zen comparé à la sculpture, qui n’est que problèmes ! Mon œuvre est en perpétuel changement. Pour moi, tout est très vite ennuyeux. Je dois me pousser toujours plus Il nous commente ensuite une maquette de l’installation de l’expo, avec cinq sculptures en bronze argenté sur des piliers comme des gardiens. trois pigeons avec les becs comme des branches qui ne peuvent pas parler, seul le troisième chante. Métaphore de la société selon Lerooy : le patron est supérieur et peut dire ce qu’il veut. Une autre où tous des petits oiseaux s’échappent d’un plus grand qui devient l’on voit trois pics verts à la queue leu leu qui piquent à chque fois dans le suivant. Ils se cherchent une maison pour vivre. Toutes des petites sculptures (réalisées à « comme on voit en réalité les oiseaux. » Lerooy n’a pas travaillé en établissant une relation directe avec une œuvre du musée. « J’aime l’ambiance du musée, celle de la Salle Bernheim où j’expose. » Il a mis un tableau bleu très doux : « le tapis qui fait le lien entre les œuvres, les rassemble, crée une famille. » C’est impor- « j’aime l’art ancien, trouver ma place là parmi les grands maîtres que j’admire. Je me sens proche de beaucoup d’artistes, je regarde tout le monde, tout, tout le temps.» touchante qu’atypique. Notez que cet été, nous pourrons découvrir à Duinbergen l’une de ses sculptures de 21 m de haut : « un obélisque tel un grand pénis sur lequel se greffent 49 têtes. Avec une amplitude de 1m50 et une tige qui descend à 6m de profondeur, il s’agit d’une véritable prouesse technique. » Jusqu’au 18 août 2019 64 Toute copie non autorisée est strictement interdite sans le consentement écrit préalable de Produpress SA/NV.

SOPHIE WHETTNALL, LA TÊTE DANS LES ÉTOILES (1973, BRUXELLES) L’art de Sophie est en harmonie avec la luminosité de son regard. nière d’exprimer les choses avec autant de subtilité que de beauté. On la suit depuis ses débuts chez Albert Baronian, qui lui prédisait un futur prometteur à la hauteur de sa créativité, de sa capacité à se remettre en question et à explorer différents médiums. Je me rappelle surtout de « Transmission Line », un triptyque vidéo où elle met en scène, en noir et blanc, trois générations de femmes - focus sur les mais qu’on imagine lourd de sens. Un univers digne de Bergman. Une transmission consciente et inconsciente à la fois, « une visualisation de cette ligne du temps, passé, présent, futur » , expliquet-elle. Sous un titre aussi poétique et évocateur que « La banquise, la forêt et les étoiles», on pénètre dans l’espace de la Centrale © Philippe De Gobert électrique revu et corrigé pour l’occasion, où différentes ambiances nous attendent : l’une impressionnante, magistrale, l’autre plus intime, joyeuse. On déambule à travers de grandes installations, telle la banquise de Whettnall faite de blocs roses sculptés en mousse, la forêt réalisée à partir de plaques de bois perforées et les étoiles en constellation sur des panneaux de papier blanc et argenté accrochés au plafond. Mais pour moi, les étoiles sont aussi celles des petits paysages abstraits d’Etel Adnan a invitée à exposer avec elle — accrochés aux cimaises comme de véritables pépites aussi colorés que construits et vibrants. Elle a développé récemment une importante œuvre gravée et fait réaliser des tapisseries et des murs en céramique. Jusqu’au 4 août 2019 centrale.brussels PASCALE MARTHINE TAYOU, L’UN DES ARTISTES AFRICAINS LES PLUS INVENTIFS ET DYNAMIQUES DE SA GÉNÉRATION (1966, NKONGSAMBA, CAMEROUN. VIT À GAND) Dernière étape indispensable au nord du pays, au Mu.Zee à Ostende. Exposition en solo au 1 er étage, doublée d’une confrontation de ses œuvres avec la collection. Même principe qu’à Naples et ailleurs. C’est dans l’air du temps. L’artiste invité interroge l’espace, le donne à voir sous un autre angle, considérer, analyser. Tous nos sens sont sollicités. Pascale Marthine Tayou n’évite aucune des grandes questions qui taraudent le XXI e siècle, du colonialisme à la migration sous toutes ses formes. préétabli, directif. Comme un voyage sans contraintes. Que des découvertes, des rencontres, des émotions. Objets, photos, histoires, installations, etc. PMT nous livre le tout en vrac, sans prétention, en citoyen du monde qu’il se sent avant tout. Un chemin positif en empathie avec le monde, les autres, l’homme. C’est ce qu’on apprécie chez lui. Il conjugue avec une facilité déconcertante passé, présent et futur. Dans un L’artiste ne juge pas, il conte, se tait, écoute et ensuite crée. Hommage aussi aux femmes, celles de sa vie mais aussi toutes les autres qui ont fait celui qu’il est aujourd’hui. Sa démarche est aussi colorée que positive. Une exposition qui fait un bien fou car elle n’ouvre que sur des perspectives Jusqu’au 1 er septembre 2019 muzee.be Toute copie non autorisée est strictement interdite sans le consentement écrit préalable de Produpress SA/NV. 65