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Miles #38 - AU TEMPS DU DEDANS

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Miles #38 - AU TEMPS DU DEDANS

SYLVAIN WILLENZ

SYLVAIN WILLENZ SOBRIÉTÉ & SIMPLICITÉ Ce designer industriel, spécialisé dans le mobilier et les luminaires, propose des objets graphiques et fonctionnels édités par de grands labels internationaux et belges. Nous retrouvons Sylvain Willenz dans ses bureaux, à Uccle. Boris Rodesh Si vous deviez décrire votre parcours ? Je suis né en 1978, j’ai grandi à Bruxelles et aux États-Unis, avant de faire mes études en Angleterre — au Royal College of Arts —, où j’ai obtenu mon Master en Design produit. De retour à Bruxelles en 2004, je me suis lancé tout seul et j’ai ouvert mon bureau de design. Très vite, j’ai remporté un ou deux prix, notamment pour le Dr Bamboozle, un tabouret en bambou et caoutchouc. Cet objet de l’ordre de l’expérimentation, à cheval entre le design et l’art, a profité d’une jolie couverture médiatique, qui m’a servi de vitrine pour que les entreprises viennent me chercher. Entre 2004 et 2007, j’ai mis du temps à me trouver en tant que designer. Lassé de ces expérimentations, j’ai eu envie de réaliser un produit concret et fonctionnel. Un objet que je voulais produire moi-même. Au final, j’ai mis au point la lampe Torch. Je l’ai présentée sur un salon et le matin même, six producteurs voulaient la roduire ont stalised Sons, une marque anglaise, référence en termes de design expérimental et avant-gardiste. Ils ont sorti la série Torch en 2008. J’ai eu la chance que mon premier éditeur soit une si grosse pointure. Cela m’a permis d’être catapulté à l’international et de travailler avec des Japonais, des Italiens, des Allemands, des Suédois ou des Danois… J’ai ainsi rencontré Giulio Cappellini, maestro du design italien, qui a produit ma série d’étagères Candy. Et en 2016, c’était au tour des Allemands de Stattmann de venir me chercher. J’ai dessiné pour eux ma première série de chaises, la Profile. Cette année, je viens de réaliser la aise on our les taliens ilio , ou encore la série Cepe — des poufs en îlots comme des champignons — pour Arrmet. Depuis, je collabore aussi avec des clients belges, comme Serax. Combien de personnes travaillent pour Sylvain Willenz ? Je travaille avec mon assistant Vincent et j’ai de temps en temps des stagiaires. J’aime avoir une équipe de petite taille, même si je dois parfois me freiner, car je voudrais m’agrandir et avoir une personne dédiée à chaque chose. Après, une part de moi-même recherche aussi la tranquillité. J’aime travailler au calme, en sous-marin dans mon bureau. C’est dans l’air du temps de se dire qu’il faut calmer le jeu, c’est quoi ette ourse en ait Y a-t-il des points communs entre vos best-sellers ? Oui. Prenez ma lampe Torch, qui est un produit ouve seen it ut ou avent ndlr qui semle familier, mais qui est nouveau). C’est une forme d’abatjour noir, comme une ombre. En tant que Belge, j’aime dire que j’ai un héritage de la BD, un attrait pour la ligne claire. Mes dessins ne sont jamais compliqués, juste un simple trait. La Torch s’apparente au pictogramme d’une lampe. Mes chaises Profile et Upon, ou le tabouret de bar Totem, ce sont aussi des formes graphiques simples, hyper fonctionnelles, souvent noires, car ça rend les choses plus mémorisables, à la façon d’un cachet. Mais ce sont les choses les plus simples qui sont les plus difficiles à réaliser. Peut-on évoquer un style Sylvain Willenz ? Une forme de sobriété ou de simplicité qui vise toujours une certaine nouveauté. Avec élégance. Cela peut paraître prétentieux, mais j’adore l’idée de dessiner des futurs classiques, des chaises qui soient solides, bien réalisées et qui puissent durer cent ans. Je n’ai pas envie de perdre mon temps avec des objets que l’on jettera dans un an. J’apprécie les références au passé. Mes 50 Toute copie non autorisée est strictement interdite sans le consentement écrit préalable de Produpress SA/NV

La notion de bien-être est-elle omniprésente dans votre processus créatif ? C’est clair que lorsque je dessine une chaise, un fauteuil ou un canapé, l’ergonomie est au centre de ma réflexion. La notion de confort est essentielle si l’on veut que le produit marche. Le type de tissus, de mousse, les plumes ou la profondeur d’assise… Le bien-être du futur acquéreur est une notion centrale et l’on essaie d’aller le plus loin possible avec le client pour optimiser le confort. C’est la même chose pour les luminaires la temérature de lélairage est er importante. C’est pour cette raison que les lampes U-series disposent d’une télécommande pour dimer et pouvoir trouver l’ambiance qui vous convienne. Personnellement, j’adore le verre en opalin blanc de ma série Dusk, c’est la plus belle lumière que l’on puisse obtenir dans un intérieur. lampes U-series sont, par exemple, une interprétation des lustres classiques avec une technologie actuelle. Elles pourraient perdurer comme les Torch, qui sont un best-seller depuis 12 ans. Leurs dessins sont simples, les matériaux sont durables. Idem pour la chaise Profile, qui est à la fois classique, mais moderne. C’est une ligne que j’essaie de maintenir. En proposant des produits fonctionnels, dans des matériaux abordables, à des prix accessibles, vous vous exposez aussi davantage aux copies ? Oui, les entreprises ne veulent d’ailleurs pas des choses trop simples à réaliser de peur de se faire copier. La meilleure protection, c’est de proposer un produit qui soit à la fois très reconnaissable, innovant, différent, et difficile à faire. Même si les copies sont inévitables et qu’elles existeront toujours. Dès qu’un objet fonctionne, il attire les copieurs. Je tombe souvent sur des copies de mes Torch. Quoi qu’il en soit, c’est dans mon ADN de dessiner pour le plus grand nombre. J’aime les produits chics, mais le luxe pour le luxe ne m’intéresse pas. Quelle est votre définition du bien-être chez soi ? Chacun a sa propre définition. Je me souviens lorsquon a aeté notre maison e reusais atégoriquement d’y faire rentrer le moindre truc moche, je voulais que tout soit beau, agréable à toucher et confortable. Nous sommes assez minimalistes et nous prenons le temps de bien choisir chaque objet. Je dirais donc que le bien-être chez moi, c’est trouver le bon équilibre entre les choses de la vie. Je n’ai rien contre l’éclectisme et le mélange, nous avons lusieurs oets modernes de ma olletion, ien sûr, mais aussi des choses plus anciennes. Le choix des textiles est aussi très important. C’est ce qui fait ma artiularité audel des moiliers et des luminaires, j’ai un attrait tout particulier pour les textiles, que je dois à ma compagne. J’ai notamment réalisé de nombreux tapis, des collections de tissus et de linges de maison imprimés pour HEM. Mon canapé Dune, édité par Durlet, est aussi un bon exemple de mélanges ; un système linéaire qui mêle tissus, cuir, assises, coussins, poufs et chaise longue, le tout-enun ; on peut y vivre carrément ; se détendre, travailler, flâner, boire un verre, regarder la télé… Une pièce d’un designer que vous rêveriez d’avoir dans votre intérieur ? Le Lounger de Charles et Ray Eames, édité par Vitra, est un classique; si je trouve cette pièce un peu clichée, elle cadrerait très bien dans ma maison 1968. C’est le fauteuil de détente par excellence, imbattable en termes de confort. En termes de canapé, le Maralunga en laes de io agistretti e assina reste aussi une référence. Magistretti est une grande inspiration pour moi. Ses produits allient confort, élégance et ingéniosité. Pour conclure, un conseil aux jeunes designers ? Ils doivent fabriquer eux-mêmes leurs objets. Je trouve cela très libérateur. Et c’est surtout la meilleure façon de garder le contrôle sur le processus de production. Je leur dirais aussi de se spécialiser dans un domaine précis, sans trop se diversifier. Soyez créatifs et nae as eur de aire les oses diéremment Toute copie non autorisée est strictement interdite sans le consentement écrit préalable de Produpress SA/NV 51