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4 months ago

Miles #39 - S'INSPIRER POUR SE REINVENTER

Miles #39 - S'INSPIRER POUR SE REINVENTER

HIGH LEVEL UN PIONNIER

HIGH LEVEL UN PIONNIER AU MENTAL D’ACIER Armand Marchant, c’est l’histoire d’un skieur professionnel au parcours atypique. D’une part parce qu’il est belge, d’autre part parce qu’il est revenu plus fort, suite à une terrible chute en janvier 2017, qui lui aura valu 7 opérations et 22 mois de rééducation, pour soigner son genou gauche. Déjà auteur de la plus belle performance du ski belge en coupe du monde — avec une 5 e place à Zagreb, en 2020 — le Thimistérien, âgé de 23 ans, aussi dixième du slalom des championnats du monde en février dernier, est un exemple de volonté, de détermination et de courage. Boris Rodesch Quel est ton bilan sportif de la saison écoulée ? C’était une saison en demi-teinte, un début très moyen et une fin beaucoup plus satisfaisante avec cette belle 10 e lace au chamionnats u mone Où te situes-tu dans ta carrière ? C’est comme si je débutais une deuxième carrière, j’ai retrouvé un très bon niveau, même si en termes de confiance, il y a eu des hauts et des bas depuis mon retour. J’avais 19 ans lorsque je me suis blessé, et 22 ans quand je suis revenu. Au-delà du sport, il y a beaucoup de choses qui changent dans la tête durant une si longue période. C’est mentalement que c’est le plus dur. Le ski, je l’ai retrouvé depuis un moment. Le mental réclame plus de temps, c’est quelque chose qui se construit et qui ne se fait pas en une journée. Je dois continuer sur cette lancée, et enchaîner de bonnes performances. Se faire plaisir au plus haut niveau mondial, c’est le plus important. aussi la meilleure façon de les remercier, et de leur prouver qu’ils avaient raison de croire en mon retour. En tant que skieur belge, tu ne te sens pas trop isolé ? Nous ne sommes pas beaucoup, c’est clair. Il y a Sam Maes, un tout bon skieur en slalom géant, et il y a aussi Tom Verbeke, en slalom. Le sport de haut niveau, c’est un entonnoir où seuls les meilleurs percent. Des bons skieurs, il y en a beaucoup, mais des très bons, il y en a très peu. Ton inspiration quand tu étais plus jeune ? Il y avait bien sûr Hermann Maier, mais celui dont le arcours se raroche le lus u mien, cest ica osteli. Lui, et sa sœur, Janica, sont mes plus grandes sources d’inspiration dans le monde du ski. Je croise encore souvent Ivica sur des épreuves, et c’est toujours un honneur de discuter avec lui. Ce dont tu es le plus fier ? De mon parcours en général. Bien sûr, j’aurais pu dire mon top 10 aux championnats du monde de Cortina d’Ampezzo, mais c’est avant tout le fait d’être revenu au plus haut niveau. Cela m’aidera jusqu’à la fin de mes jours. Tu passes combien de jours par an sur tes skis ? Près de soixante jours en été, et en hiver, on ne s’arrête pas trop. Depuis novembre, j’ai chaussé les skis presque tous les jours. Financièrement, les revenus d’un skieur ne sont pas ceux d’un footballeur… Cela ne doit pas être facile tous les jours ? J’ai commencé à gagner ma vie correctement l’an dernier, suite à mes bons résultats qui m’ont permis de terminer la saison dans le top 30 mondial en slalom. Si tu penses à l’argent, tu t’éloignes de ton objectif premier. L’argent rentre quand tu es bon, et ne rentre pas quand tu n’es pas bon, c’est un juste rendu, mais c’est vrai que si tu compares le ski avec d’autres sports… Mais voilà, le ski, c’est le sport que j’aime. Je ne suis pas jaloux, c’est le jeu. Le plus important, c’est que mes parents ne doivent pas me prêter de l’argent, et que je puisse boucler mon budget de l’année, et avancer dans l’hiver. Profites-tu néanmoins du statut et du contrat de sportif de haut niveau auprès de l’Adeps ? Oui, je reçois un salaire à plein temps depuis près de quatre ans. C’est un énorme avantage de se sentir soutenu par son pays. Le fait que l’Adeps ait toujours cru en moi, et que jai u roiter e ce contrat urant mes trois «années blanches émontre aussi quils ont les reins solies. Sachant qu’il y a beaucoup d’autres sportifs belges qui le méritent autant que moi, ma bonne fin de saison, c’est « LE SPORT DE HAUT NIVEAU, C’EST UN ENTONNOIR OÙ SEULS LES MEILLEURS PERCENT » 32 Toute copie non autorisée est strictement interdite sans le consentement écrit préalable de Produpress SA/NV

© Get in – Geoffrey Meuli. Quelle est ta journée type ? Réveil à 7 heures, on se dirige vers les pistes à 8 heures 15 et on attaque la séance à 9 heures. On enchaine 5-6 passages, et puis, on plie bagage, on rentre manger, petite sieste, entraînement physique à la salle l’après-midi, soins kiné, dodo, et on recommence le lendemain. Ce qui te manque le plus en Belgique ? C’est la maison de mes parents, ma chambre, la ferme, le motocross. Même si je me sens limite plus chez moi à la montagne qu’en Belgique, c’est le fait de rentrer chez soi, de retrouver l’ambiance familiale, et aussi ma grande sœur, qui est en passe de devenir monitrice de ski. Trouves-tu encore le temps pour une relation amoureuse ? Non, ça ne colle pas trop avec mon mode de vie actuel. Je passe mon temps entre la Belgique, la Suisse, la France et le reste du monde. Même si j’avais une copine prête à accepter tous ces sacrifices, je n’ai pas spécialement envie de partager ma vie en ce moment. C’est déjà assez compliqué de gérer tout ça seul. Es-tu impressionné par un athlète belge en particulier ? En cyclisme, Tom Van Aert qui arrive à jongler avec ses eu iscilines le cclocross et le élo sur route , le mec est une machine, c’est vraiment un monstre. Sinon, étant un grand fan de sports moteurs, il y a Thierry Neuville, que j’aimerais vraiment rencontrer. Et pourquoi pas avoir la chance de m’installer dans son baquet pour un essai, ce serait énorme. Ton papa est un ancien pilote de motocross, c’est une discipline que toi aussi tu affectionnes ? Complètement. Nous avons un grand champ à côté de la ferme de mes parents. Je n’ai pas arrêté d’y rouler pendant le confinement. J’ai aussi découvert le Supermotard. J’ai participé à ma première compétition l’été dernier. Je vais continuer cet été, car ça me maintient dans l’esprit de la course. Les sports moteurs présentent des similitudes avec le ski, notamment au niveau des trajectoires. Je suis aussi un grand fan de voitures. Suite à ma bonne saison, je me suis offert une Ford Focus 2 RS. Mais je ne l’ai pas gardé longtemps. Mon entraîneur en est tombé amoureux, et il me l’a rachetée. Nous sommes de gros bagnolards dans le team. J’ai également un karting Rotax 125 Max, avec lequel je roule le plus souvent possible. le «team se comose e son coach ranais, ahal Burtin, et de son préparateur physique belge, Thibault Schnitzler.) Pour conclure, un conseil aux jeunes skieurs belges qui s’entraînent sur les hauteurs de notre pays si vallonné ? C’est cliché, mais il faut travailler et, surtout, il faut s’entraîner intelligemment. Ils doivent s’impliquer à fond dans chaque étape de leur parcours. Il faut mettre toutes les chances de son côté et se donner les moyens d’y arriver. Personnellement, j’ai arrêté l’école à 16 ans pour pouvoir me concentrer exclusivement sur le ski. Et si je m’étais loupé, j’aurais toujours pu reprendre des études. Toute copie non autorisée est strictement interdite sans le consentement écrit préalable de Produpress SA/NV 33