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4 months ago

Miles #39 - S'INSPIRER POUR SE REINVENTER

Miles #39 - S'INSPIRER POUR SE REINVENTER

ART Était-ce une façon

ART Était-ce une façon de prendre le contre-pied de la tendance généralisée à la surexposition ? Bus Tomasi a silencieusement choisi de s’exprimer sur une autre forme de toile, plus essentielle peut-être, plus durable. Son trait, non figuratif mais toujours narratif, déroule la bobine d’influences cinématographiques et envoie des appels de phares à la sur-importance accordée au regard, en plaçant des cils dans ses tableaux. Bus Tomasi ne pose que rarement le pied à terre, et profite de ses vagues à l’âme pour mélanger des couleurs quand d’autres jettent l’encre. Pourquoi tant de retenue vis-à-vis de l’exposition au public ? « Je ne voulais pas commettre l’erreur de tous ces peintres qui exposent après trois toiles. Je suis extrêmement exigeant, envers moi-même en premier lieu. J’attendais que mes œuvres arrivent à maturité. Et moi aussi, sans doute. » Comment définissez-vous votre identité artistique ? « Ce n’est pas du Street art, dont la connotation est souvent réductrice, et extrait les créations de l’art contemporain. Ce n’est pas non plus du Pop art, qui détourne des icônes médiatiques. J’interprète des effets de pochoir, avec des couleurs franches, et un lâcher-prise par rapport au cadre de l’art qui se laisse parfois enfermer dans ses propres définitions. Je fabrique mes propres outils de peinture, puis je peins selon une imprécision choisie, passant de la main droite à la main gauche, le pinceau entre les dents, parfois les yeux fermés, dans une sorte de transe d’achèvement ». Quels sont les artistes qui ont formé votre regard ? « S’il fallait en choisir, je dirais Ida Tursic et Wilfried Mille, Johannes Vermeer, Christopher Wool… Chez eux, le regard est au centre de la réflexion, c’est la peinture qui ouvre les yeux. J’observe beaucoup le travail des Maîtres flamands, parce que l’art contemporain a besoin des classiques pour faire pousser ses racines ». Pensez-vous que votre volonté de demeurer dans l’ombre de votre atelier flottant tiendra face à la médiatisation ? « Ce n’est pas que je ne veux pas me montrer, c’est que je n’ai pas à être au centre de l’attention. Ma peinture exprime mon univers, et je préfère la tranquillité. Pour la façonner pendant des jours et des mois. Je connais l’impact de l’image. Et la mienne m’appartient ». Infos : busbustomasi@gmail.com et Instagram @bus_tomasi 56 Toute copie non autorisée est strictement interdite sans le consentement écrit préalable de Produpress SA/NV

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